Comment investir intelligemment dans sa maison


C’est le temps des REER ! Mais c’est aussi la période de l’année où plusieurs d’entre nous songent aux travaux qu’ils feront faire dans leur résidence au printemps. À condition que cela ne vous empêche pas de maximiser votre REER, ce pourrait être là aussi un bon investissement… Mais tout dépend des travaux en question.


Tous les propriétaires de maisons, en particulier ceux qui ont revendu la leur, le savent : l’immobilier résidentiel a été généreux en rendements au cours des dix dernières années. Si vous envisagez d’effectuer des rénovations à votre domicile, ce pourrait donc être un moyen d’ajouter à un placement dont la plus-value est déjà fort intéressante. Même chose, évidemment, si vous avez profité des programmes d’aide dans le passé pour effectuer des travaux que vous auriez faits de toute façon.

Mais, au juste, quelles sont les rénovations qui s’avèrent les plus payantes lorsqu’on décide, plus tard, de vendre sa maison ?

Priorité : cuisine et salle de bain

Vous pensiez commencer par la piscine cette année et refaire le sous-sol dans quatre ou cinq ans ? Pensez-y de nouveau ! Certes, l’eau bleue de votre bassin de natation pourrait rehausser votre qualité de vie lors des étés de canicule, mais ce ne sera pas votre meilleur placement. Pourquoi ne pas penser plutôt à la cuisine ou à la salle de bain ?

 

Voyez par vous-même.

Ces données ont été obtenues à l’aide d’un outil développé par l’Institut canadien des évaluateurs, qui permet d’estimer le potentiel de récupération des 25 dépenses de rénovation les plus populaires.

En fait, comme on peut le voir dans le tableau, il n’y a typiquement aucune dépense de rénovation qui permette au propriétaire de récupérer davantage que sa dépense lors de la revente (sauf de rares exceptions). Par exemple, si vous vous lanciez dans un projet majeur de 250 000 $ en investissant 10 000 $ dans chacun des 25 postes de dépenses, vous seriez en mesure de récupérer de 90 000 $ à 170 000 $ à la revente, selon une foule de facteurs qui déterminent le prix de vente d’une maison.

Dépenser intelligemment

Évidemment, il existe des exceptions : nous avons tous des voisins qui ont fait du « home staging » et récupéré plus que leur mise de fonds en mettant leur maison aussitôt en vente. Mais, règle générale, ce sera plutôt une combinaison de deux éléments qui déterminera la rentabilité d’un investissement dans des rénovations :

  • la récupération à la revente ;
  • mais aussi la valeur de l’usage que vous en ferez d’ici à la revente.

Dans la majorité des cas, la valeur de l’usage que vous en ferez sera une donnée purement subjective. Combien vaut le plaisir de vous glisser dans votre nouvelle baignoire à remous ? Dans certains cas, cependant, ce second élément pourra lui aussi être chiffré. Par exemple, si votre nouvelle piscine de 6 000 $ vous fait épargner les milliers de dollars que vous auriez dépensés pour amener la famille à la mer et que vous en récupérez 25 % lors de la revente, ce pourrait être finalement une assez « bonne » dépense – du moins si vous aimez passer vos vacances à la maison.

 

Rénover efficacement

Pour la même raison, certaines rénovations ne rendront pas nécessairement votre maison plus jolie, mais elles pourraient être rentables parce qu’elles vous feront sauver des sommes chaque année en plus d’augmenter votre valeur de revente. C’est le cas des projets liés à l’efficacité énergétique, comme l’isolation du grenier, la pose de fenêtres plus écoénergétiques ou l’installation d’un système de chauffage moins énergivore. Le Maine Efficiency Energy Building Performance Standards estime, par exemple, que chaque dollar économisé sur la facture annuelle de mazout grâce à des rénovations écoénergétiques augmentera la valeur d’une résidence d’environ 20 $.

Reste que, dans l’ensemble, ce serait une erreur que de voir une dépense de rénovation comme un investissement qui s’avérera automatiquement rentable. Avant de se lancer, et si l’aspect financier de l’opération soulève des questions, ce serait une bonne idée de discuter avec son conseiller en sécurité financière pour voir comment ce projet peut s’inscrire dans un plan financier plus global.